Heavy metal

Heavy metal
 
 
Heavy metal
Origines stylistiques Rock psychédélique
Blues rock
Hard rock
Origines culturelles États-Unis États-Unis et
Royaume-Uni Royaume-Uni
Fin des années 1960
Instrument(s) typique(s) Guitare, basse, batterie
Popularité Mondiale, surtout dans les années 1980

Genre(s) dérivé(s) Avant-garde metal
Black metal
Death metal
Doom metal
Folk metal
Glam metal
Gothic metal
Heavy metal traditionnel
Metal industriel
Metal néo-classique
Nu metal
Power metal
Metal progressif
Speed metal
Metal symphonique
Thrash metal
Genre(s) associés(s) Hard rock
Glam rock
Punk rock
Grunge
Scènes régionales Royaume-Uni Royaume-Uni
Suède Suède
Allemagne Allemagne
Portugal  Portugal
États-Unis États-Unis
Brésil Brésil
Finlande Finlande
Norvège Norvège
 Italie
Espagne Espagne

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Sous-genres du heavy metal
 

Le terme heavy metal peut avoir plusieurs sens selon le contexte dans lequel il est employé.

  • 1. Dans un contexte original, il est utilisé comme un synonyme de Hard-rock
  • 2. Dans un second sens, le terme désigne le heavy metal traditionnel une tendance esthétique qui, au cours des années 70 et 80, s’est démarquée du Hard rock, en s’éloignant de ses racines blues.
  • 3. Dans un sens généralisé le heavy metal ou metal (tout court) désigne toutes les musiques qui descendent du heavy metal (sens second) et du hard rock. C'est dans ce dernier sens, le sens généralisé, que le terme est ici employé:

Le heavy metal (ou communément metal) est un sous-genre du rock[1]. Le heavy metal puise son inspiration, entre 1969 et 1974[2], dans des groupes de hard rock qui, en combinant blues et rock, ont créé un hybride aux sonorités lourdes et épaisses, centré sur les impulsions de la batterie et de la guitare à la distorsion très amplifiée.

Au fil des années, le heavy metal a donné naissance à des sous-genres variés et, bien que ceux-ci soient généralement appelés « metal » par le grand public, le terme « heavy metal » a maintenant deux sens distincts : soit le genre et toutes ses variantes, soit le style original des groupes des années 1970 et 1980 — parfois baptisé de « heavy metal traditionnel » . De ce fait, la définition du terme tend à être ambiguë et n'est pas la même selon la période de l'histoire du rock à laquelle on se réfère.

  • Dans les années 1970, le terme « heavy metal » (popularisé par le critique Lester Bangs) était synonyme de hard rock, genre auquel il reste encore parfois assimilé dans l'inconscient populaire. Les premiers groupes — comme Black Sabbath, Deep Purple, Led Zeppelin, Blue Cheer, Iron Butterfly — étaient donc indifféremment considérés comme des groupes de heavy metal ou de hard-rock[3].
  • Au début des années 1980, le terme a été redéfini par Lester Bangs peu de temps avant sa mort : il existe une subtile différence entre hard rock et heavy metal[4], résidant principalement dans le fait que le heavy metal tend à se débarrasser des racines blues tandis que le hard rock les conserve[5]. Avec cette définition, qui prévaut de nos jours, seuls des groupes de heavy metal traditionnel comme Black Sabbath et Judas Priest peuvent être considérés comme précurseurs de l'esthétique et du son spécifiques du heavy metal.

Le heavy metal s'est popularisé dans les années 1970 et 1980, au fur et à mesure de l'apparition de ses sous-genres, et il génère toujours dans les années 2000 un fort engouement de la part de ses fans à travers le monde.

 

Thèmes

 

 

 Comme souvent dans la musique populaire, l'imagerie et l'apparence occupent chez les groupes de heavy metal une place prépondérante. Les couvertures d'albums et les prestations en concert font autant partie de l'image d'un groupe que la musique elle-même. Par le biais du heavy metal, nombre d'artistes travaillent en collaboration dans le but de produire tous les éléments d'un album, chacun apportant à l'œuvre son talent particulier, en vue d'offrir au public un produit artistiquement riche. En cela, le heavy metal représente peut-être aujourd'hui davantage une forme d'art protéiforme, au service de la manifestation d'un univers particulier, plutôt qu'une forme singulière dominée par un seul et même mode d'expression. De fait, si la musique demeure la composante principale de l'univers du heavy metal, elle n'en est toutefois pas la seule, l'image de chaque groupe s'incarnant aussi au travers de l'artwork[26] (les couvertures d'albums et les images de livrets), de la scénographie de ses concerts, du ton des paroles de ses chansons et du style vestimentaire de ses membres. L'illustrateur de heroic fantasy Ken Kelly, qui travaille principalement avec Manowar dans le domaine de la musique, a ainsi créé un personnage musculeux, sombre et vengeur qui illustre les albums de Manowar et qui fait dorénavant partie intégrante de l'image du groupe. Les illustrations participent à l'ambiance générale des albums en les étoffant d'un aspect visuel très important, grâce auquel le public peut se plonger plus rapidement dans l'univers de chaque groupe. Autre figure célèbre auprès des fans de heavy metal, Eddie, la mascotte d'Iron Maiden, apparaît sur la pochette de presque tous les albums du groupe.

Les historiens du rock ont tendance à considérer que, tandis que l'apport de la musique populaire occidentale donne au heavy metal son côté fantaisiste, à travers des paroles d'inspiration fantastique, dans le même temps, les racines blues dans lesquelles ce genre est ancré lui confèrent une touche plus réaliste, plus cathartique, davantage axée sur des sujets tels que la perte de l'être cher, le chagrin et la solitude.

Tandis que les composantes auditives et thématiques du heavy metal sont majoritairement influencées par le réalisme du b lues, les composantes visuelles le sont principalement par l'imaginaire de la musique populaire. Les thèmes du mal, du sombre, de la force et de l'apocalypse sont utilisés pour exprimer la réalité des problèmes de la vie[27]. En réaction à la culture hippie « peace and love » des années 1960, le heavy metal se développe comme une contre-culture de type expressionniste dans laquelle la lumière est étouffée par l'obscurité et où la fin joyeuse des chansons pop cède la place à l'expression de la triste réalité de ce monde, où les choses ne s'arrangent pas toujours. Alors même que, selon certains fans, le message du heavy metal n'est pas sombre, ses détracteurs accusent le genre de glorifier les aspects négatifs de la réalité.

En dehors du fantastique, les thèmes abordés par le heavy metal sont généralement plus graves que ceux de la pop des années 1950, 1960 et 1970. Ils tournent beaucoup autour de la guerre, la menace nucléaire, les problèmes de l'environnement et la propagande politique ou religieuse. Entre autres exemples de chansons traitant de ces sujets, on peut citer War Pigs de Black Sabbath, Killer of Giants d'Ozzy Osbourne, ...And Justice for All de Metallica, 2 Minutes to Midnight d'Iron Maiden et Balls to the Wall d'Accept.

 

 

Influence classique

 

 

Le heavy metal s'est beaucoup inspiré de compositeurs baroques, romantiques et modernes comme Jean-Sébastien Bach, Niccolò Paganini, Richard Wagner et Ludwig van Beethoven[28]. Le fameux accord de triton, par exemple, fut exploité par les compositeurs romantiques ou post-romantiques comme Liszt, et surtout par les compositeurs modernes (comme Bartók, Stravinski ou Schönberg dans ses œuvres tonales). Ceux-ci, en effet, l'utilisèrent tant pour ses sonorités aux connotations inquiétantes et sombres que pour sa fonction d'instabilité structurelle tonale.

Ritchie Blackmore, le guitariste de Deep Purple et de Rainbow, a par exemple, dès le début des années 1970, incorporé des figures mélodiques empruntées à la musique dite « classique ». Après Ritchie Blackmore, Randy Rhoads et Uli Jon Roth, le jeu de guitare des années 1980 fut influencé par la musique du début du XVIIIe siècle, considérée comme un modèle de rapidité et de technique. Yngwie Malmsteen constitue un autre exemple notable de guitariste inspiré par la musique classique : ses prouesses techniques inspirèrent d'ailleurs un certain nombre de joueurs néo-classiques dont Michael Romeo, Michael Angelo Batio et Tony MacAlpine.

La musique de la fin de l'ère baroque occidentale fut aussi reprise sous un angle gothique, comme dans Mr. Crowley (1981) de Ozzy Osbourne et Randy Rhoads. Ces derniers ont utilisé des sons d'orgue et des solos inspirés de la musique baroque pour créer une ambiance en rapport avec les paroles d'Osbourne, qui traitent de l'occultiste Aleister Crowley. Pour l'introduction de Diary of a Madman (1982), Rhoads a beaucoup emprunté au compositeur de guitare classique cubain Leo Brouwer et, plus particulièrement, son « Étude n° 6 ».

Certains groupes sont allés plus loin encore, en jouant occasionnellement avec des orchestres au grand complet. Yngwie Malmsteen et Ritchie Blackmore furent parmi les premiers à écrire de la musique orchestrale adaptée à leur style. Puis les générations qui suivirent, venant du power metal, du gothic metal et du black metal (notamment des groupes comme Nightwish, Therion, Symphony X, Emperor, Dimmu Borgir) ont poussé leurs influences classiques jusqu’à systématiser le recours à des ambiances plus ou moins symphoniques grâce notamment à l'emploi de synthétiseurs, certains comme Therion allant même jusqu’à s’offrir les services d'orchestres et de chœurs à chaque enregistrement.

Cependant, s'il est vrai que ces musiciens se sont inspirés de compositeurs classiques, il est important de souligner le fait que, malgré l'idée reçue chez certains fans, le metal ne descend pas pour autant de la musique classique[29]. Le « classique » est une musique savante alors que le metal reste avant tout d'essence  populaire[30].

De fait, les musiciens de metal se focalisent et empruntent des aspects généralement superficiels de la musique classique (des motifs, des mélodies, des gammes, voire au mieux un dispositif orchestral), cette pratique de réutilisation d'un matériau musical étant d'ailleurs traditionnelle et courante dans pratiquement tous les genres musicaux. Mais ils cherchent rarement une véritable exploitation de la profondeur et de la complexité compositionnelle de la musique classique (et ce, même au sein des sous-genres de metal dits « néo-classique » ou « progressif », malgré leur érudition musicale). Par exemple, les guitaristes supposés inspirés par Bach font rarement usage des structures contrapunctiques complexes qui sont pourtant si centrales dans les compositions de ce dernier.

En outre, l'usage étendu des power chords dans le heavy metal (impliquant d'innombrables quintes et octaves consécutives[31]) va à l'encontre des principes d'écriture fondamentaux de la musique classique: l'emploi de quintes consécutives tout particulièrement constituant une violation d'une règle d'harmonie fondamentale de son esthétique.[32]. Enfin, le fait que de nombreux groupes se qualifient « symphoniques » en utilisant des synthétiseurs en lieu et place d'orchestres serait, aux yeux du monde classique, perçu comme une hérésie ou comme de la pure naïveté. En effet, la pauvreté des sons artificiels d'un synthétiseur ne peut en aucune façon égaler la richesse du spectre acoustique d'un orchestre symphonique.

La complexité et la richesse des messages à caractère musical, social et philosophique du heavy metal résident ailleurs que dans cet emprunt de timbres.

 

 

Le terme « heavy metal »

 

 L'origine du terme heavy metal employé en musique est incertaine. Cette expression, utilisée depuis des siècles dans les secteurs de la chimie et de la métallurgie, est répertoriée sous cette acception dans le dictionnaire Oxford English Dictionary. L'une des premières utilisations du terme dans la culture populaire underground revient à l'écrivain américain William S. Burroughs qui, dans son roman The Soft Machine[33] (1961, La Machine molle en français), évoque un personnage du nom de « Uranian Willy, the Heavy Metal Kid ». Dans son roman suivant, Nova Express, publié en 1964, il développe ce thème plus avant encore en faisant de l'expression heavy metal une métaphore des drogues psycho-actives[34]. Ce terme peut aussi signifier « artillerie lourde ».

Le premier emploi du terme heavy metal dans une chanson enregistrée remonte à 1968, dans la phrase « heavy metal thunder »[35] qui figure dans le morceau Born to Be Wild de Steppenwolf. D'après l'ouvrage The History of Heavy Metal, le terme fut emprunté au « hippiespeak » (« jargon des hippies »), heavy (« lourd ») se rapportant à toute chose capable de générer une humeur intense et metal qualifiant cette humeur potentiellement aiguisée, ou lourde, comme le métal. Le mot heavy (dans son acception signifiant « sérieux » ou « profond » en argot américain[36]) était entré quelque temps auparavant dans le jargon de la contre-culture, notamment celui de la Beat generation, et on trouvait déjà couramment des références à la heavy music, cette expression désignant une musique aux variations plus lentes et plus amplifiées que celles de la musique populaire standard de l'époque. À titre d'illustration, on peut citer le groupe Iron Butterfly, qui fit ses débuts à San Diego en 1966, son nom évocateur (littéralement, « papillon de fer ») étant expliqué sur la pochette de l'un de ses albums : « Iron symbolisait quelque chose de lourd dans le son et Butterfly représentait la lumière, attachante et versatile... un objet librement utilisable par l'imagination. » Qui plus est, le premier album de ce groupe, sorti en 1968, s'intitulait Heavy. Enfin, le fait que le nom même de Led Zeppelin, en partie inspiré par Keith Moon qui avait déclaré que le groupe allait « tomber comme un ballon de plomb »[37], ait incorporé dans sa sonorité l'appellation d'un métal lourd (heavy metal) — le plomb, « lead » en anglais, prononcé led — pourrait avoir scellé le début de la consécration de cette expression.

 

Autre hypothèse : à la fin des années 19 60, Birmingham, qui était encore un haut lieu de l'industrie en Angleterre (de la métallurgie, en particulier), voyait graviter dans ses environs de nombreux groupes de rock, comme The Move ou Black Sabbath, et certains suggèrent que le terme heavy metal pourrait avoir un lien avec les activités de ce pôle industriel britannique. Ainsi, la biographie de The Move indique que le son du groupe est attribuable à son recours aux riffs de guitare « lourds » (heavy en anglais) qui étaient alors populaires dans les « metal Midlands » (partie centrale de l'Angleterre, englobant la ville de Birmingham).[réf. nécessaire]

Sandy Pearlman, le producteur, manager et auteur des chansons des débuts du groupe Blue Öyster Cult, soutient qu'il a été, dans les années 1970, le tout premier à employer le terme heavy metal dans le contexte de la musique rock. Et il est vrai qu'il fut à cette époque l'un des pionniers de la critique de rock, en sa qualité de collaborateur du magazine américain Crawdaddy![38], où il publia en 1971 une critique de l'album The Notorious Byrd Brothers des Byrds dans laquelle il fit usage de l'expression heavy metal pour qualifier l'un des morceaux présents sur le disque, Artificial Energy[39]. Autre relation entre Sandy Pearlman et le sens premier de l'expression heavy metal : sa conception, dans le cadre de l'élaboration de l'imagerie propre au groupe, d'un symbole inspiré du symbole alchimique du plomb, l'un des métaux les plus lourds. Instinctivement, il mit ensuite ce terme en avant pour décrire le style de la musique de Blue Öyster Cult.

Une hypothèse tardive, mais disputée, concernant l'origine du genre fut avancée par « Chas » Chandler, manager de The Jimi Hendrix Experience en 1969, dans un entretien qu'il accorda en 1995 à l'émission Rock and Roll d'une chaîne américaine du réseau PBS. Selon lui, « le terme "heavy metal" est apparu dans un article du New York Times relatant une performance de Jimi Hendrix ». Il rapporta en outre que l'auteur de l'article écrivait qu'écouter The Jimi Hendrix Experience, c'était « ... comme écouter du métal lourd (heavy metal) qui tombe du ciel. » La source précise de cette affirmation n'a toutefois pas été retrouvée et son authenticité est donc mise en doute.

Il semble que le premier usage bien documenté du terme heavy metal pour décrire précisément un style de musique soit apparu dans le numéro de mai 1971 du magazine américain Creem, dans une critique de l'album Kingdom Come de Sir Lord Baltimore. Dans cette critique, l'auteur, en:Mike Saunders, déclare que « Sir Lord Baltimore semble maîtriser à la perfection la plupart des ficelles du heavy metal »[40]. Par la suite, c'est au critique Lester Bangs, grande figure de la critique rock et notamment du mensuel Creem, que l'on attribua la popularisation du terme heavy metal, au début des années 1970, pour qualifier le style de groupes comme Led Zeppelin et Black Sabbath[41].

Si, à l'origine, le terme heavy metal a parfois revêtu une connotation péjorative sous la plume de certains critiques, les fans du genre se le sont toutefois rapidement approprié. De la même manière, des groupes déjà bien établis, comme Deep Purple, qui venaient de la pop ou du rock progressif, se sont immédiatement réclamés du heavy metal, saisissant l'occasion pour épouser une approche plus agressive de leur musique, en décuplant les effets de distorsion et d'amplification.

 

 

 

 

 

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